L’œuvre
de Patrick Jannin est la matérialisation d’une quête
d’absolu, d’expression de révolte, de liberté
totale, de singularité puissante, dans ses peintures, ses dessins,
sa vie. Pour décrire son monde, rien moins besoin que de faire
appel aux philosophes, dont il ne se réclame pas, mais qu’il
incarne : Stirner pour l’Unique, Carlyle pour la Sur-âme,
et Nietzsche pour l’acuité du regard sur le monde, l’impératif
de nuire à la bêtise, la recherche de la perfection et
la volonté d’être, l’éveil des consciences.
Le trait est précis, subtil, nerveux, maîtrisé.
La recherche est quotidienne, la production considérable et exigeante,
à l’instar du travail des maîtres de la renaissance
italienne, fondateurs dans son parcours.
Les toiles non parfaites sont détruites. Sa réflexion,
comme son art, sont un syncrétisme parfait, distancié,
approprié, nourrissant son œuvre. On pourra y sentir subtilement
les influences et les hommages à Bosch, Topor, Grotz, Balthus
ou Masson.
Pilier du Mouvement Artistico-Philosophique les Universensualiens, il
marquera l’histoire de l’art pour ce qu’il nous révèle,
cette part d’intime et d’universel, la figure de la conscience,
l’apprentissage difficile de la liberté d’être.
Son monde est de souffre, de foutre et de larmes. Son travail est marqué
par l’obsession du corps, toujours en déséquilibre,
viscéral, en mouvement de révolte.
Ses personnages torturés, éventrés, expulsent le
mal, la douleur, la peine. Le rejet du laid fait apparaître le
beau dans une expression symbolique et alchimique de recherche du mystique,
et de sa libération, de l’Amour. Patrick Jannin raconte
sans fard, une histoire, un vécu, le sien, mais aussi le notre,
celui du désir d’humanité et de la difficulté
de sa construction, sensible et consciente..